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PARTIE 5 : de 1997 à 1999 (les Spacer's en Pro A)
 
27 ans après sa dernière apparition dans l’élite, Toulouse accède à la ProA en 1997. Pleine d’ambition, la formation des Spacer’s souhaite faire autre chose que de la figuration en Pro A, même si chacun sait que le maintien reste dans un premier temps l’objectif le plus raisonnable du club. Les bases ont été posées lors des deux saisons précédentes, avec un titre de champion de France en 1996 et une première place assurant l’accession la saison suivante. Les finances sont enfin saines, le club déménage au Grand Palais des Sports de Toulouse, affichant 6000 places. La fusée Spacer’s continue son ascension.
L’équipe est peu renouvelée pour l’accession en ProA, Laurent Buffard souhaitant conserver une base qui a permis la montée. Les américains Khari Jaxon et Graylin Warner partent sur des équipes de ProB, et les jeunes Christophe Oyié et Cédric Bertorelle sont prétés respectivement en Pro B et en Nationale 2 pour parfaire leur apprentissage.
 
Pour attaquer ce nouveau challenge, les Spacer’s sont renforcés à l’intérieur par le solide naturalisé James Scott (2m07, 117 kgs), qui découvre la division après avoir évolué en Nationale 2, le poste 4 Jared Miller et le vétéran Stéphane Lauvergne, ancien international. Sur les postes extérieurs, on retrouve le shooteur Tom Johnson, et surtout Narcisse Ewodo, un ailier polyvalent.
 
Malheureusement, l’équipe connait un début de saison difficile, et les résultats ne sont pas à la hauteur. L’absence de Christophe Soulé et de son expérience pèse sur le jeu des Spacer’s. L’année précédente, sa blessure avait déjà pesé pour l’obtention d’un second titre de champion de France ProB, bien que suppléé par la paire de meneurs Philippe Urie et Ali Bouziane.
Les résultats sont décevants, et pour couronner le tout, certains joueurs partent renforcer la concurrence en cours de route. C’est ainsi que le précieux Narcisse Ewodo rejoindra le voisin palois et que Torbjorn Gerhke, précieux en ProB mais en difficulté en ProA ira au PSG Racing.
Leurs absences seront numériquement compensées, mais pas forcément qualitativement. Asad Ali sera là sur deux matchs, Tyrone Grandberry n’en jouera que trois, et les espoirs du club seront mis à contribution pour faire le nombre.
Les Spacer’s arriveront malgré tout à se maintenir avec un bilan de 8 victoires et 22 défaites, terminant à la 14ème place sur 16.
Stéphane Lauvergne, dont le fils Joffrey est Champion d’Europe 2013 avec l’Equipe de France
Au delà de l’aspect sportif, une bien mauvaise nouvelle frappe les toulousains en fin de saison: le principal sponsor, Extand, qui a permis la mise en orbite des Spacer’s, annonce une participation à la baisse. Le projet sportif prend du plomb dans l’aile, et une qualification pour une coupe d’Europe, qui était l’objectif à l’horizon 2000 semble s’éloigner à grands pas.
Sauvés de justesse la saison passée, les Spacer’s se veulent optimistes pour leur deuxième saison en ProA, malgré une baisse substantielle de budget (amputé d’environ 20%, et se situant parmi les plus bas de ProA). Laurent Buffard déclarant à la presse que « l’an dernier avait été dur psychologiquement. Le travail ne payait pas. Mais cette année, ne serait-ce que par rapport au public, il est inconcevable de rester dans ce contexte" .
Autour des désormais habituels Christophe Soulé, Ali Bouziane, Laurent Rufier, Stéphane Lauvergne et Forrest McKenzie, on retrouve quelques joueurs avec des CV intéressants comme Skeeter Henry, qui a fait les beaux jours de la JDA Dijon quelques années auparavant, ou encore Alex Nelcha, un pivot d’origine vénézuélienne, ayant à son actif une participation aux JO de Barcelone, mais étant aussi passé par le club bourguignon de la JDA. On note également le retour au club de Christophe Oyié, prêté la saison passée à Roanne en ProB pour continuer à s’aguerrir.
Le rookie en provenance de Washington State Carlos Daniel complète le recrutement.
Une fois de plus, le début de saison ne se déroule pas de la meilleure des manières, et après quatre défaites en autant de matchs, Laurent Buffard est écarté de la gestion du groupe, remplacé par l’ancien joueur devenu directeur sportif, Jean-Aimé Toupane.
Malgré une victoire face à Evreux, Toulouse ne gagne pas, le choc psychologique du changement d’entraineur aura été de courte durée. Pire, Carlos Daniel est viré, et Skeeter Henry n’arrive pas à retrouver son niveau d’antan…
 
La descente aux enfers continue, et les Spacer’s touchent le fond après une déroute à Chalon sur Saône, 67 à 32, avec seulement 12 points marqués à la mi-temps…
La semaine suivant le match, coup de tonnerre, Christian Mercier, le président du conseil d’administration et principal sponsor, jette l’éponge. Les Spacer’s sont dans la tourmente, et sportivement, et financièrement.
Une éclaircie viendra du vétéran Forrest McKenzie, compilant notamment 31 points face à la défense de Besançon quelques jours après la tourmente vécue par le club. Deux victoires en trois matchs permettent à Toulouse de conserver un espoir de maintien.
Pourtant, Skeeter Henry, Alex Nelcha, Carlos Daniel, les trois recrues de l’été ne passent pas l’hiver, et sont remplacées par Antoine Gillespie et Kevin Van Veldhuisen. Malgré le talent du premier, et ses 18 points par match, les Spacer’s ne sont pas à la fête, et terminent leur saison à la même place que la saison dernière, 14ème sur 16. Ils sont à nouveau sauvés sportivement, bien que possédant le même bilan que les deux derniers (Gravelines et Montpellier), 5 victoires pour 25 défaites.
 
Bien que mathématiquement sauvés, les Spacer’s sont rétrogradés administrativement dans un premier temps en ProB, à cause d’un manque d’assurance financière permettant de combler le déficit accumulé du club, puis la SAOS Spacer’s dépose finalement le bilan au début de l’été, après l’arrêt du sponsor principal Extand. La concurrence d’autres sports de haut niveau et l’absence de résultats et de soutien populaire n’incite pas l’arrivée de nouveaux sponsors ou partenaires.
Les Spacer’s disparaissent du paysage du basket français aussi vite qu’ils y seront apparus. Quatre saisons après la création de la SAOS, un titre de champion de France ProB en 1996, une première place suivie d’une montée en 1997 puis deux maintiens arrachés en 1998 et 1999, le basket de haut niveau à Toulouse disparait à nouveau.
 
1999 devait être une grande année, la ville rose accueillant l’équipe de France pour les matchs de poule de l’Euro. Ce sera le chant du cygne pour le public toulousain, qui sera sevré de haut niveau masculin à partir de ce jour.
Les Spacer’s dissolus, l’association support reprend la main. Le RCTB revient dans la course, en Nationale 3. Bien que n’évoluant plus en ProA, le Racing Club Toulouse Basket reste le club phare de Toulouse, partageant cette fois-ci la vedette avec le voisin du TOAC.
 
Mais les ennuis ne sont pas terminés pour le le RCTB, les années 2000 vont être tout aussi chaotiques pour le basket toulousain.
 
FIN DE LA 5ème PARTIE.
 
L’américain naturalisé Forrest McKenzie
Ali Bouziane, rare satisfaction des Spacer’s